Beni Abbes, perle du Sahara

Beni Abbes est nichée au coeur du Sahara oriental, à douze heures de route au Sud Ouest d’Alger. Le vieux village (ksar) domine la palmeraie. Il suffit de marcher quelques minutes pour se retrouver au beau milieu des dunes. Dans la journée, sous la chaleur, les rues sont vides. Le soir Beni Abbes s’anime mais l’ambiance reste toujours paisible, en dehors du temps.

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Détails vauclusiens

Le Vaucluse, ce n’est pas seulement une petite fille de Jean-Marie le Pen élue sans coup férir, des vieux fachos et une canicule à faire crever un âne. C’est aussi et surtout, des lavandes coupées, des villages aux pierres si « authentiques », une niche à touristes qui, dès le mois de septembre venu, s’envolent à tire d’ailes.  Ca tombe bien, pour une petite balade dans les villages aux alentours d’Apt.

Photos du ventre en Algérie – au coeur de Constantine

Il est parfois compliqué de prendre des photos dans les rues des villes algériennes. Les passants vous regardent avec circonspection, et arrêtent le plus souvent leurs mouvements, pour ne pas « vous déranger ». Alors pour saisir la rue et les Algériens qui l’habitent, j’ai décidé d’installer mon appareil accroché à mon cou, et de « voler » ces instants. Personne n’est dupe, le « clic-clac » interpelle les regards. Mais cette façon de faire permet d’accéder à des moments où, enfin, personne ne pose. Premier épisode dans cette visite « sur le ventre » : le cœur de Constantine, troisième ville du pays, à l’est et connue pour son conservatisme. Prochaine étape : Ghardaïa.

Le sultan se la coule douce

Kabylie, vendredi nuageux d’avril. Juste avant d’arriver à la ville industrielle d’Akbou, à une cinquantaine de kilomètres de Bejaia, se trouve la maison du sultan Ben Ali Cherif. Sous la colonisation française, l’homme qui est respecté dans la région, se voit remettre des terres par des kabyles qui lui font confiance : par ce biais, ils espèrent ne pas se faire spolier leurs terres par les Français… Aujourd’hui, les descendants de ces hommes réclament toujours auprès de l’Etat la restitution de leurs biens. Une part inconnue de l’histoire locale. Mais lorsqu’on visite cette maison délabrée, on ne se doute de rien. Le chant des oiseaux, les nuages volumineux qui passent, le silence de murs délabrés, les fleurs en champ. Visite.

Algérie : le vote y’en a pas !

En Algérie, le jour du vote c’est férié. Non pas par respect pour une certaine idéologie démocratique, mais bien pour permettre aux « citoyens » de se déplacer mettre dans l’urne (avec fraude ou sans fraude au choix), un bulletin pour le parti n°1 ou 2 ou 3 ou 4 ou 5 ou 6 ou 7 ou 8 ou 9 ou 10 ou 11 ou 12 ou 13 ou 14 ou 15 (prenez votre respiration….) ou 43 ou enfin 44. Car l’Algérien a la chance d’avoir vu 44 partis agréés du jour au lendemain par le système à la fin du mois de février. Quel respect de la liberté d’expression ! Auparavant, seuls quelques partis « traditionnels » régnaient en maître : le FLN, évidemment, le RND (excroissance du FLN), le FFS (Front des Forces Socialistes, dont le très socialiste chef Ait Ahmed vit en Suisse), le RCD (excroissance du FFS), le PT (Parti des Travailleurs avec comme maîtresse Louisa Hanoune qui aime par-dessus-tout les dorures des palais algérois) et les islamistes (MSP, Mouvement de la Société pour la Paix en tête).

Maintenant l’Algérien a le choix entre 44 partis, enfin, a le devoir de s’exprimer selon le pouvoir à travers ces 44 partis. Car durant toute la campagne qui a commencée le 15 avril et s’est terminée le 6 mai au soir, Abdelaziz Bouteflika s’est exprimé pas moins de cinq fois pour que l’Algérien aille voter. Un exploit pour cet homme que l’on sait au bord de la crise cardiaque à chaque déplacement.

Tout réside dans le taux de participation : s’il est haut, c’est que la population souscrit aux treize ans de règne du Président, s’il est bas, et bien c’est que le peuple s’en fout et qu’il ne croit pas une seconde à l’utilité d’un député, et donc d’une Assemblée et donc d’une pseudo façade démocratique. Même s’il est encore trop tôt pour déterminer ce fameux taux de participation, il est facile d’imaginer qu’il sera bien bas (à part si la fraude s’y met mais…). Pour cause, les meetings vides, les députés hués et sur les murs, les affiches brûlées et les slogans « Ulac l’vote Ulac » tagués sur tous les murs des cités (ulac signifie « yen a pas » en kabyle ). Les affiches traduisent d’ailleurs le néant de cette campagne.

Au programme :

  • l’absence de programmes, les partis mettent en avant une dizaine de têtes parmi lesquelles un Algérien pourra reconnaître par chance l’un de ses proches et donc voter pour lui,
  • Une certaine idée de la communication et du graphisme totalement foutraque, passéiste et narcissique : des assemblages de photos-symboles sans queue ni tête, une tête de liste entourée d’un soleil ou qui s’affiche telle une star de cinéma etc.
  • Des slogans vides de sens (« Si vous voulez du neuf, votez numéro neuf » « Agir pour l’avenir », « Engagement et proximité », et le meilleur : « Je tiens mes promesses »)

Bref, l’Algérien l’a bien compris. En ce 10 mai, jour férié pour le pousser à aller voter, on le trouvera plutôt du côté des plages ensoleillées que des bureaux de vote vidés.

PS : Pour vous, petite sélection de slogans croustillants : « Oui pour que le peuple règne », « Notre printemps est algérien », « De la solidarité renaît l’espoir », « Voter MCL, c’est voter pour vous », « Ensemble pour l’équité et la justice sociale », « Pour la rupture, votez PT », « FFS, lèves-toi et tu verras », et … « Si vous voulez du neuf, votez numéro neuf » !!

Ferhat Mouhali et Carole Filiu

Luxe, calme et volupté

Derrière le port de Marseille, les travaux façonnent la nouvelle entrée de la ville. Au programme : bretelles d’autoroute, béton à fleur de peau et absence d’humanité.

Un printemps sous la pluie

A la Sainte-Victoire, montagne toute proche d’Aix-en-Provence et bien connue grâce aux tableaux de Cézanne, les amandiers sont déjà fleuris. Le vent souffle à travers les vallons, la pluie fine transperce le manteau. L’hiver se retire à petits pas.